Toi, mon tout mon rien,
Pourquoi ce dénuement? Pourquoi cette angoisse et cette absence de joie depuis ton départ? Je me sens comme démunie de mes sens chaque fois que tu te dérobes. Je ne sais ce que sera cette missive que je te destine, mais elle sera brutalement un jet, un cri, une douleur, une écorchure qui te fera souffrir ou rire peut être mais qui correspondra au néant que je sens croître dans mon ventre.
Quelle connerie que la vie! Privés des essentiels contacts que notre corps ne cesse de réclamer à grands cris silencieux. J'ai une faim inaltérable de caresses et de chaleur et elle n'est pas toujours rassasiée. Je savais pouvoir trouver à ton contact quelque assouvissement, car je sentais ton propre corps et ta propre âme réclamer doucement la même chose en dépit de la cuirasse que tu te façonnes. Ce contact fut très intense et trop bref, mon être entier en frémit encore et se courbe comme un arc tendu. J'ai vécu quelque chose de grandiose avant d'être arraché à toi volontairement, mais pourquoi? C'est presque injuste, la rage me monte à la gorge et les sanglots qui pourtant si rares, s'y bousculent.
Après tout, on ne nous a jamais accordés de prendre le temps de nous arrêter un instant et de contempler notre ivresse, notre douce folie. On a jamais le temps d'aimer que l'on aime, de croire que l'on croit, de jouïr que l'on jouit, non, il faut aussitôt repartir. Pourquoi? On ne fait que cacher notre amertume, regretter notre joie, pleurer notre rire.
Ma route à moi est pleine de vomissements bilieux qui me laissent pantoise, ébahie, vidée. Ma soif d'amour jamais ne se tarira même si j'expose en public le contraire, un jour elle me laissera sur un carreau froid, se riant de ma présomption à l'assouvissement tant corporel que spirituel. Mais je n'oublie pas : ETREINTE=ETERNITE et telle est ma quête, mon eternelle folie. Ma route est sinueuse mais elle m'y mènera et je la suivrai jusqu'au bout.
Notre rencontre n'est pas un hasard non plus, elle me laisse un quelconque espoir, quoique ma confiance en moi défaille un peu ces derniers jours.
Ne M'abandonne pas patelante sous la rigueur de notre siècle. Laisse moi t'aimer, aide moi et viens!
Je ne suis plus qu'un cri, qu'une bouche qui appelle, qu'un corps raidi. Je t'aime...
Miss Butterfly
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